Le sucre suisse dans son contexte politique.

La production sucrière suisse est fortement influencée par l’évolution de la politique agricole au sein de l’UE. Ces dernières années, les conditions pour une culture betteravière rentable en Suisse se sont aggravées. Or, il est indispensable de prendre des mesures politiques décisives afin d’assurer le maintien de la production indigène.

Le marché du sucre dans la tourmente.

Les accords de l’OMC pour une libéralisation de l’accès au marché (cycle de Doha), en cours depuis de nombreuses années, s’étirent sur la durée. En 2013, les ministres de l’Agriculture de l’UE ont décidé qu’aucune aide à l’exportation ne serait plus accordée à l’industrie de transformation de produits agricoles. Un calendrier concret pour l’implémentation de cette décision n’a cependant pas été déterminé. Pour la Suisse, la mise en place de ladite décision pourrait avoir des incidences négatives sur la «loi chocolat». Les moyens mis à disposition dans le but premier de réduire le prix du lait pourraient disparaître, ce qui ferait sombrer la compétitivité de l’industrie d’exportation. Cela n’a toutefois aucune influence directe sur le sucre.

Accord «double zéro» et suppression de la réglementation du marché du sucre.

A l’issue des conventions bilatérales et de l’accord «double zéro pour le sucre contenu dans les produits transformés», il n’existe aucune mesure de péréquation des prix entre la Suisse et l’UE. En conséquence, le prix du sucre suisse doit se situer au même niveau, comparativement bas, que celui du sucre européen. En 2013, les ministres agraires de l’UE ont décidé d’abroger la réglementation du marché du sucre européen. Jusqu’ici, la production sucrière était soumise à un système de quotas ainsi qu’à une limitation du volume des exportations. Ces deux mesures seront caduques à fin septembre 2017. La suppression de la limitation des exportations en particulier inquiète fortement l’industrie sucrière suisse. Notre pays risque en effet d’être submergé par le sucre européen. Aujourd’hui déjà, plus de 150 000 tonnes de sucre étranger aboutissent sur le marché suisse. L’annonce des plans européens en 2014-2016 avait déjà, à elle seule, provoqué un effondrement de plus de 30% du prix du sucre indigène, forçant ainsi les usines sucrières à réduire encore les prix des betteraves.

Un avenir menacé.

Dans le cadre de la politique agricole 2014-2017, la Confédération baissera par étape les paiements directs destinés à la culture betteravière, ce qui, venant s’ajouter à des rendements en recul, fait perdre encore de son attractivité à la culture des betteraves, forçant bon nombre de planteurs à y renoncer par manque de rentabilité. Et si les usines sucrières ne reçoivent pas suffisamment de betteraves, elles seront contraintes de fermer leurs portes à court terme. Pour maintenir une production sucrière indigène, il est indispensable de pouvoir cultiver des betteraves en quantités suffisantes et à des prix capables de couvrir les coûts. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra garantir l’approvisionnement de l’industrie agro-alimentaire et de la population. En 2011 déjà, la pénurie marquée de sucre dans l’UE a souligné l’importance d’un approvisionnement indigène fiable. De quoi la Confédération aurait-elle l’air si, une fois que la «loi Swissness» sera introduite en 2017 après de longs débats, il ne se trouvait tout à coup plus de sucre suisse?

Adhésion à Swissness.

Il est important que les problèmes de l’industrie sucrière soient enfin pris en compte par le législateur. C’est aux consommatrices et consommateurs suisses, d’une part, et à la puissante industrie de transformation de denrées alimentaires de renommée mondiale, d’autre part, de choisir les matières premières qu’ils achèteront et leur positionnement face au sucre suisse. Une chose est claire: une fois fermées, les portes d’une sucrerie ne pourront plus jamais se rouvrir.

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